En 1864, les Hollandais inaugurent à Haarlem Le Musée d’anthropologie et des colonies, où sont rassemblés divers objets rapportés de Java.
En 1899, Chris Lebeau, artiste néerlandais peintre, graveur, céramiste, designer de textile qui se dit « communiste, anarchiste et théosophe », réalise ses premiers batiks à l’Ecole des Arts appliqués de Haarlem. Puis il peint avec la technique du batik des panneaux décoratifs pour le pavillon néerlandais de l’Exposition Universelle de Paris 1900.



Batiks de Chris Lebeau (1905 © wereldmuseum Amsterdam) et de Agathe Wegerif-Gravestein (© DR)
Marguerite Pangon est si fascinée par ces textiles de Chris Lebeau qu’elle va à la Prima Esposizione Internazionale d’Arte Decorativa Moderna de 1902 à Turin où ses œuvres sont présentées, ainsi que celles d’Agathe Wegerif-Gravestein, la première à avoir ouvert en Europe un atelier de batik, à Apleldoorn aux Pays-Bas. Puis en 1904, Marguerite Pangon part pour Haarlem suivre l’enseignement de Chris Lebeau. Elle y retournera deux fois en 1905.

Au début du 20ème siècle, le célèbre couturier parisien Paul Poiret révolutionne la mode en proposant des vêtements fluides et amples à la place des robes ajustées. Il s’inspire des traditions orientales, turques, perses, japonaises et chinoises, du moins ce qu’il en imagine. En 1911, il se lance dans une collection de vêtements de soirée en tissus batikés, qui cultivent dans la haute société le fantasme d’un Orient mythique. Marguerite Pangon travaille avec lui dans ces années-là, avant de créer sa propre entreprise Le Batik Français. Plusieurs artistes français travaillent aussi le batik, mais seule Marguerite Pangon impose son style. Le batik est également en vogue chez plusieurs maisons de haute couture, dont Chanel et Jeanne Lanvin. .
Robe de droite : création de Paul Poiret( © Couverture de la revue Les Modes avril 1912- DR)