Le déclin du Batik français

En 1926, Anatole de Monzie, ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts, écrit dans un catalogue d’exposition : « Madame Pangon, artiste décorateur, spécialisée dans le batik, a le grand mérite d’avoir mis son talent et son expérience au service de notre industrie nationale en créant l’Atelier Ecole d’où est sorti un métier d’art accessible à toutes les intelligences, dont les applications populaires paraissent sans limites dans la toilette et l’ameublement. » Elle est nommée chevalier de la Légion d’honneur.

Marguerite a cinquante-quatre ans, son enthousiasme est un peu émoussé. Elle participe toujours aux événements importants comme ce banquet de 1927 au Palais d’Orsay de la Société d’Encouragement à l’Art et à l’Industrie, où elle est la seule femme, en blanc au milieu des hommes en habit noir.

Banquet de 1927 au Palais d’Orsay (© Fonds photographique Pangon)

En même temps, elle sent que le Batik ne va pas durer : comme les Arts décoratifs, il a séduit les milieux plutôt fortunés et la crise financière n’est pas loin. Le 5 mars 1928, elle écrit dans une lettre-testament : « Il faut savoir mourir… Le batik jette en ce moment ses dernières lueurs. Et je ferai peut-être bientôt comme lui. » Son entreprise se nomme dorénavant Les Tissus gravés de Madame Pangon. La crise de 1929 porte un coup fatal à l’industrie du luxe. Marguerite Pangon se lance dans un nouveau projet totalement différent.

Lettre – testament de Marguerite Pangon qui annonce la mort du batik le 5 mars 1928 (© Fonds Pangon)
Fascicule écrit par Marguerite Pangon à la demande des peintures Lefranc pour détailler la technique du batik et expliquer l’usage de la couleur (© Fonds Pangon)