Après ses années passées à professer le dessin et la composition décorative, elle sait que le batik peut devenir un art. « Quand Madame Pangon débuta dans sa carrière artistique, l’impressionnisme prenait fin, écrit en 1926 l’une de ses amies, la peintre Angèle Delasalle. Avec ses recherches atmosphériques, l’impressionnisme avait anémié les couleurs, affaibli le ton. Il se passa alors un événement de première importance, qui devait révolutionner les arts, et l’art décoratif en particulier. Ce fut l’arrivée des ballets russes à Paris. Une fois encore, la couleur nous revenait d’Orient. »



Velours multicolore pour manteau de théâtre (© Les batiks de Madame Pangon-éd.Charles Moreau 1925)
Velours pour tuniques, blanc, bleu, paon, cerise et noir (© Les batiks de Madame Pangon-éd. Charles Moreau 1925)
Velum (© Les batiks de Madame Pangon-éd. Charles Moreau 1925)
Marguerite Pangon, en effet, se passionne pour la couleur, en même temps qu’elle applique le batik au velours, au satin, à la soie… Avec ses motifs, elle fait la transition entre l’Art nouveau et l’Art déco, associe les arabesques du premier aux formes géométriques du second. Admirateur du travail de Marguerite Pangon, Yvanhoé Rambosson, poète, critique d’art et conservateur honoraire des Musées de la ville de Paris, écrit en 1925 : « Une femme habillée par Madame Pangon est un jardin en marche. Candeurs printanières, fanfares estivales, harmonies d’automne, intimités hivernales, tout cela s’inscrit, chante, éclate en poèmes colorés sur les tissus les plus divers. »



Extrait d’un papier aquarellé avant ponçage et création d’un velum en toile de soie batikée (© Fonds Pangon)
Velours batiké pour cape (© Fonds Pangon-MAD)
Dessin d’une cape glycines batikée (© Très Parisien n°11-1925 – Fonds Pangon)