Au cœur de la mode

Les premières expositions à Paris ont convaincu Marguerite Pangon que c’est dans la capitale qu’elle rencontrera son public. En 1911, la famille déménage à Paris, Adolphe, Marguerite et Louis, leur fils, âgé de 12 ans. En 1914, naît François, leur second fils. Marguerite continue d’exposer en régions et à l’étranger, présente à Paris au Pavillon de Marsan, en 1914, des chasubles pour les églises dévastées. Qu’une artiste française se lance au moment de la Première Guerre Mondiale marque les esprits : la presse le souligne, c’est une manière de répliquer à l’Allemagne qui, jusque là dominait le marché.

Les tissus et les robes en batik de Marguerite Pangon ont un franc succès, madame Poincaré, épouse du Président de la République, fréquente la boutique éphémère ouverte avenue de l’Opéra, comme la princesse Elisabeth de Roumanie, séduite elle aussi par les tissus batikés. Ce style nouveau s’accorde bien avec la mouvance des Arts décoratifs qui commence à poindre et dont le public fortuné est friand.

Marguerite Pangon expose au Grand Palais à Paris, à Rouen, à Amsterdam, à Roubaix… En janvier 1913, elle fonde son entreprise : Le Batik Français. En 1916, elle ouvre sa propre boutique au 64 rue La Boétie dans le 8ème arrondissement de Paris : 400m2 au dernier étage, avec un salon d’exposition et des ateliers.

L’un des salons de la rue La Boëtie(© Femina 1 mars 1920 – Fonds photographique Pangon)

Elle se lance à corps perdu dans le batik, présente ses créations lors de défilés de mode, continue de créer des robes et fournit de grands couturiers comme Jeanne Lanvin, Paul Poiret et Chanel, accueille rue La Boétie le gotha européen, fréquente les décorateurs d’intérieur comme Jacques-Emile Ruhlmann et Rob Mallet-Stevens.

( © Les Modes août 1923-Photo Vizzavona-BnF)

Marguerite Pangon a su faire évoluer son style, passer des volutes de l’Art Nouveau à la géométrie épurée de l’Art Déco. En 1923, son stand au Salon des Artistes Décorateurs montre son savoir-faire, tentures d’ameublement, tapis, robes, ombrelle, fauteuil… Sa renommée franchit les frontières : elle exporte à New York, Zurich, Bologne, Malaga… Et la presse continue de s’enthousiasmer pour cette artiste qui porte haut l’image de la France.

Déshabillé en mousseline batikée (© Fonds photographique Pangon 1920)
Matin : robe batikée ( © Fonds photographique Pangon 1920)
Au centre : déshabillé en mousseline batikée, signé Pangon (© L’Excelsior 10 décembre 1920 – BnF)