
En janvier 1898, Marguerite s’installe à Marseille où vit son frère Jean. La même année, elle épouse Adolphe Pangon, militaire qui vient de quitter l’armée avec le grade d’adjudant.
Louis Laurent Adolphe Adrien Pangon naît en 1862 à Montpellier. Son père est employé au P.L.M. ; Irma Durand, sa mère, élève ses quatre enfants dont il est l’ainé. Adolphe passera 35 ans dans l’armée, Réserviste, il se ré-engage au moment de la guerre de 14, et sera gazé à Ypres. Durant ses pauses militaires, il travaille comme employé de commerce, tout en soutenant sa femme dans la réussite de son entreprise.. Il meurt en 1946.

Marguerite Pangon se déclare artiste peintre et ouvre un atelier où elle enseigne l’art décoratif, peinture, sculpture, gravure et reliure, qui rencontre rapidement un vif succès. Elle travaille les métaux et le bois (meubles, vitrine, paravent…), la marqueterie, la mosaïque de cuir, les faïences grand feu, la corne sculptée et crée des reliures en cuir repoussé dont l’une, pour l’ouvrage de J.-Ch. Roux Le Costume en Provence, représente en relief le profil d’une Mireille des Saintes-Maries-de-la-Mer et obtient à l’unanimité la médaille de l’Art Décoratif au Salon des Femmes Peintres en 1910. Comme dit Ferdinand Servian, un critique d’art : » Nous sommes en présence d’une manifestation artistique, décentralisatrice et féministe exceptionnellement opportune par ces temps de progrès du féminisme, progrès qu’il convient de guider et de maintenir dans la bonne voie. «

Elle donne des cours à Marseille et à Aix-en-Provence, expose ses créations et les travaux de ses élèves.Chacune de ses expositions est saluée par la presse régionale, on admire ses objets d’arts décoratifs, marqueterie, cuir repoussé, cuivre ciselé, reliures…
La renommée de Marguerite Pangon, nommée Officier d’Académie en 1907 (Palmes académiques), commence à dépasser le cadre régional. Elle expose à Paris et dans toute la France. En 1912, elle est reçue Membre de la Société de l’Art Décoratif au Grand Palais à Paris.
Avant de quitter définitivement Marseille, elle organise en 1912 une exposition de ses œuvres à la Galerie Centrale, 79 rue de Paradis. Elle y présente ce qui a fait l’essentiel de son travail à Marseille : arts décoratifs et ameublement. Le batik, qu’elle a découvert dans les premières années du siècle, ne fait pas encore partie de son activité principale.




Recto et verso de l‘Invitation à l’Expo de 1912 (Fonds Pangon) Article évoquant la reliure pour Le costume en Provence (© Revue moderne 1910 – Fonds Pangon)