Marguerite Pangon fonde, en 1922, son Ecole de Batik, à laquelle elle pensait depuis deux ans déjà. Elle accueille au 64 rue La Boétie des jeunes filles à partir de douze ans désireuses d’apprendre cet art nouveau. Marguerite retrouve le côté pédagogique qu’elle avait à ses débuts à Marseille, mais avec des exigences renouvelées. C’est une travailleuse acharnée, à l’air un peu austère, toujours vêtue sobrement, qui mène son entreprise avec détermination.


Ouvrières du Batik Français. A gauche, le ponçage. A droite, pose de la cire (Photos © Fonds photographique Pangon)
En 1922, elle a pour stagiaire un peintre hollandais de 19 ans, Bob Rooker, qui meurt d’une embolie pulmonaire le 1er novembre. Ses amis prétendent que des panneaux présentés au Salon d’automne sont de lui, pas de Madame Pangon, et que sa mort est due à un harcèlement moral car elle vient de lui signifier la fin de son stage au Batik Français. Marguerite Pangon intente un procès en diffamation. L’affaire prend un peu d’ampleur autour de la question du droit d’auteur. Le procès se clôt en avril 1924, Marguerite est lavée de tout soupçon. La cabale semble avoir été montée par quelques habitués de La Rotonde, brasserie que fréquentaient Bob Rooker et les artistes du quartier Montparnasse.
